Maîtrisez l'effet du temps sur vos biens grâce à l'amortissement

19 août 2021 • Olivia Mahieu
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Attention, sujet hautement important en comptabilité : l’amortissement. Nous sommes nombreux à avoir déjà entendu parler de ce terme sans forcément y prêter grande attention, comme de nombreuses autres expressions comptables. Mais si vous êtes sur cette page, c’est sans doute que vous êtes à la tête de votre entreprise et là, aucune échappatoire possible, il vous faut bien comprendre l’amortissement comptable. Vous aurez certainement besoin de mettre en œuvre cette option comptable dans vos comptes.

Définition de l’amortissement

L’amortissement correspond à un phénomène que nous constatons tous dans notre vie quotidienne : lorsqu’on achète un bien, il perd de sa valeur au fur et à mesure de son utilisation et du temps en notre possession.

Prenez une voiture neuve, on estime qu’elle perd 25% de sa valeur dès sa première année, puis 18% la seconde année et ainsi de suite. Cette perte de valeur s’applique sur de très nombreux biens de consommation. L’amortissement comptable va permettre de refléter la valeur réelle du bien concerné (c’est-à-dire en comptant la perte de valeur dans le temps), et s’il n’a aucun effet sur la trésorerie d’une entreprise, il a des conséquences sur le bénéfice imposable, ce qui est particulièrement intéressant.

L’amortissement permet de répartir la perte de valeur du bien tout au long de sa durée d’usage, on parle alors d’immobilisation. Cela concerne de nombreux biens, comme votre ordinateur de bureau, par exemple. Celui-ci va perdre de sa valeur en quelques années. Pour ne pas pénaliser votre comptabilité, cette dépréciation va être compensée au fil des années d’utilisation.

Il permet aussi de retranscrire cette perte de valeur comptable dans les documents de synthèse. C’est en fin d’exercice comptable de votre entreprise que vous devez passer une écriture de dotation aux amortissements. Cela a pour effet de diminuer la valeur du compte d’immobilisations et d’augmenter le compte de charge correspondant à l’amortissement du bien.

Bon à savoir : la dépréciation d’un bien s’explique par plusieurs phénomènes comme la baisse de la valeur du marché, l'obsolescence technologique du bien ou encore une dégradation physique.

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Les conditions à l’amortissement d’un bien

La plupart des biens à la consommation sont amortissables, qu’ils soient corporels (matériel de bureau, matériel agricole, matériel industriel ou de transport ...) ou incorporels comme les brevets, les logiciels, les licences informatiques ou scientifiques … Qu’il appartienne à l’une ou l’autre de ces catégories, le bien doit respecter certains critères :

  • il doit avoir une durée d’utilisation de plus d’un an
  • et sa valeur doit être supérieure à 500€ HT.

Pour calculer l’amortissement, il convient de prendre en compte la valeur brute de l’immobilisation. Il s’agit de la valeur d’achat HT augmentée le cas échéant des frais afférents à l’achat (frais de transport, de mise en service…).

Parfois, certains biens devront être décomposés afin de calculer la durée de vie de chacun de ses éléments. C’est le cas, par exemple, d’un bien immobilier dont le terrain aura une durée de vie différente de la toiture.

Dans le cas de ces décompositions, on prendra en compte chaque composant qui possède une valeur supérieure à 500€ HT mais également supérieure à 15% du prix de revient du bien, avec une durée de vie inférieure à 80% de celle de l’ensemble du bien.

Il est important de définir la durée d’usage des biens à amortir. Cette durée varie selon la nature du bien. Quelques exemples :

  • les constructions sont amortissables entre 20 et 50 ans
  • les installations techniques le sont entre 5 à 10 ans tout comme le matériel de bureau
  • les matériels informatiques le sont sur 3 ans
  • les biens incorporels sont amortissables sur 5 ans.

Les différents types d’amortissement

On distingue l’amortissement linéaire et l’amortissement dégressif. A noter que le même type d’amortissement doit être conservé année après année. Un changement de méthode peut tout de même être envisagé, mais il faudra alors le justifier dans l’annexe des documents de synthèse.

L’amortissement linéaire

Il s’agit de la technique la plus généralement utilisée en entreprise, elle est obligatoire pour les achats de véhicules, de locaux et de biens d’occasion. Elle reste possible pour les autres biens amortissables.

Cette méthode va diviser l’amortissement en annuités égales pendant toute la période d’utilisation du bien. Ainsi, un bien amorti sur 5 années sera assorti d’un amortissement d’⅕ par année.

L’amortissement linéaire débute à la date de mise en service du bien. Si cette date est située en cours d’année, la première année de l’amortissement se fera au prorata temporis, selon le nombre de mois d’utilisation du bien.

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L’amortissement dégressif

L’amortissement dégressif ne s’applique pas à tous les biens. Il concerne uniquement les biens neufs dont la durée d’usage est supérieure à trois ans.

Dans cette méthode comptable, les premières années sont dotées d'amortissements plus importants que les suivantes. Contrairement à la méthode précédente, l’amortissement dégressif ne se fait pas lors de la mise en service du bien mais lors du mois d’acquisition.

En revanche, le principe du calcul au prorata temporis est également requis.

Attention, le calcul du montant des amortissements annuels ne se fait pas de la propre initiative de l’entrepreneur ou de son comptable, il faut respecter le coefficient fixé par décret. Ainsi, le taux utilisé pour chaque année correspond à celui de l’amortissement linéaire auquel on multiplie le coefficient légal.

Exemple : pour un bien amortissable en 4 ans, le taux fixé par décret est de 1,25 tandis que pour un bien amortissable en plus de 6 ans, il est à 2,25.

Bon à savoir : cette méthode plus complexe est particulièrement intéressante pour les entreprises nouvellement en activité qui veulent bénéficier d’impôts réduits les premières années de leur lancement et s’assurer ainsi une trésorerie suffisante pour les coups durs.

Nous avons compilé pour vous dans ce tableau les différents taux, linéaires et dégressifs pour des biens amortissables entre 3 et 10 ans.

Taux d'amortissement linéaires et progressifs de 3 à 10 ans

Cet article est bien entendu non exhaustif de toutes les règles liées aux amortissements mais vous donnera une vision générale du fonctionnement des ces opérations comptables.

Si toutefois vous avez décroché dès les premières lignes, nous vous recommandons vivement de vous faire accompagner dans votre comptabilité. Notre application Comptalib vous accompagne au quotidien en automatisant les services de comptabilité et vous simplifie la vie d'entrepreneur !

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