« Je ne partage pas du tout la vision de ceux qui souhaitent que l’entreprise soit une grande famille » Rencontre avec Pierre Fruchard

26 oct. 2021 • 1 min • Alexandre Nessler

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Pierre Fruchard est co-fondateur de Coover, une plate-forme d’assurance professionnelle qu’il a créée en 2020 avec Antoine Fruchard, son frère. Si l’entrepreneuriat familial n’est pas rare, on se demande tout de même ce que cela change de diriger une entreprise avec un proche. Quel rapport à l’entrepreneuriat entretient-on quand celui-ci reste dans le cercle de la famille ? Nous sommes allés à la rencontre de Pierre pour lui poser ces questions.

La famille a joué un rôle prépondérant dans ta vie d’entrepreneur, peux-tu nous raconter ?

Bien sûr ! Ce qu’il faut savoir d’abord, c’est que l’entrepreneuriat est très présent dans ma famille. On est 5 frères et sœurs, et on a tous monté notre boîte. D’ailleurs, non seulement on est tous plus ou moins entrepreneurs, mais en plus certains d’entre nous entreprennent ensemble ou partagent des projets. Celui qui a fortement encouragé cela a d’abord été mon père, aujourd’hui retraité, mais qui fut libéral toute sa vie. Pendant sa carrière de médecin expert pour les assurances, il nous a souvent répété qu’il y avait “quelque chose à faire” dans ce secteur. Ensuite c’est Antoine, mon frère, qui a ouvert le bal en créant Réassurez-moi, un comparateur en assurances, avant de me demander de le rejoindre pour monter Coover. Et puis, toute la fratrie a fini par monter des projets. J’ai une sœur qui est écrivain, une autre qui s’est lancée dans le commerce de cookies au Mexique. Mon plus jeune frère vient lui aussi de créer son entreprise...

Tu as toujours été attiré par l’entrepreneuriat ?

Pas forcément par l’entrepreneuriat, mais en tout cas je me suis toujours dit que je souhaitais créer, avoir un projet, même si je voyais cela plutôt comme un à-côté, que je pourrais faire avec des amis en parallèle de mon travail. Finalement, je me suis lancé un peu par hasard, parce que mon frère me l’a proposé et que je n’avais pas grand chose à perdre. Mais j’avais déjà une aspiration.

Tu n’aurais sûrement pas entrepris sans ce modèle familial. Est-ce que tu penses qu’un modèle est indispensable pour se lancer ?

Je pense que ça participe à désacraliser le truc, oui. Dans mon cas personnel, je connaissais déjà quelques amis d’école qui avaient monté leur entreprise, mon frère aussi, alors je voyais que des gens auxquels je pouvais m’identifier semblaient passer de bons moments et être satisfaits. Toute la partie administrative aussi, on se rend compte que ce n’est pas si dur qu’on le croit. Mais la conséquence indirecte de ça, avec laquelle je suis moins à l’aise, c’est que l’entrepreneuriat devient un monde un peu fermé où tout le monde a le même profil. Tous les entrepreneurs sont des hommes ayant suivi à peu près les mêmes études. Tous ceux qui sont dans ce moule, qui s’identifient à ces modèles, se disent que l’entrepreneuriat est fait pour eux. Les autres, au contraire, ont du mal à se lancer, parce qu’ils n’ont justement pas de modèle auquel s’identifier. Je vois passer des tas de CEO qui se ressemblent tous, qui viennent du même milieu.

A ton avis, y a-t-il un gène de l’entrepreneuriat ?

J’espère, parce que je viens d’avoir un enfant ! (rires) Plus sérieusement, je pense que c’est plutôt l’influence de mon père, le patriarche, qui était entrepreneur - même si libéral ce n’est pas exactement pareil - et qui nous a beaucoup encouragés à suivre ce chemin. Il est d’ailleurs très impliqué dans nos différents projets. Il suit chacune de nos entreprises avec beaucoup d’intérêt, et participe même ponctuellement à la rédaction d’articles pour Coover.

Travailler avec son frère, c’est plus facile ?

Oui, au niveau de la communication notamment. Mais le risque, vu que nous avons un autre cofondateur, c’est qu’il se sente lésé et qu’il pense qu’on sera toujours à deux contre un. J’avais un peu peur que ça soit le cas au début, mais en fait ça se passe super bien entre nous. Parfois je suis d’accord avec Antoine (son frère, ndlr), parfois davantage avec Romain.

On entend souvent des entrepreneurs qui souhaitent inculquer une forte culture d’entreprise, que les employés se sentent comme dans une grande famille. Qu’en penses-tu ? 

Je ne partage pas du tout cette vision. Je souhaite même faire l’exact opposé. Je suis absolument anti culture d’entreprise, avec les pulls à l’effigie de l’entreprise, l’esprit corporate, les publications sur les réseaux sociaux, etc. Je n’ai pas envie de pousser les employés à se comporter comme si l’entreprise était leur famille. Cela ne m’empêche pas d’être bienveillant, mais je ne veux pas tomber dans l’excès et forcer les employés à se sentir attachés à l’entreprise.

Pierre Fruchard, co-fondateur de Coover

Pierre Fruchard - cofondateur de Coover avec son frère

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